Meeuwen sterven in de haven
Rik Kuypers, Ivo Michiels et Roland Verhavert
1955
Lyrisme urbain stylisé du trio Rik Kuypers (cinéaste amateur), Roland Verhavert (critique de cinéma) et Ivo Michiels (écrivain et critique de cinéma). Pour la première fois dans l'histoire du cinéma flamand, des auteurs font preuve d'une recherche formelle et affichent leur appartenance à un courant international. Le film se déroule dans le décor du port et de la ville d'Anvers. Il raconte l'errance d'un personnage écorché qui ne peut compter que sur la compréhension d'une jeune orpheline et de deux femmes désillusionnées. Musique de Jack Sels et Max Damasse. Rôles principaux Julien Schoenaerts, Tine Balder, Dora Van der Groen.
Les mouettes meurent au port:
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Mise en scène et scénario: Rik Kuypers, Ivo Michiels, Roland Verhavert
Production: Metropool Films
Photographie de Johan Blansjaar (caméra: Bob Sentroul)
Montage: Raymonde Baudoux
Musique originale de Max Damasse, Jack Sels, Jos Van Der Smissen, A. Casarès
Art direction: Jaak Van Luyth
Décors: Emile-Georges De Meyst
Son: André Notte
Distribution
Julien Schoenaerts ... l'étranger
Dora van der Groen... la prostituée
Tine Balder... la femme du batelier
Gigi... l'orpheline
Piet Frison... le batelier
Tone Brulin... le maquereau
Alice De Graef
Les Mouettes meurent au port: les faits
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Le tournage a eu lieu en mai et juin 1955 à Anvers.
Le film est sorti le 14 octobre 1955 au cinéma Savoy à Anvers.
Prix pour le Meilleur film néerlandophone au Deuxième Festival du Film belge à Anvers en 1956.
En outre le film a été sélectionné pour les festivals suivants: Cannes, 1956; Semaine du cinéma belge à Moscou, 1956; Festival de Karlovy-Vary, 1956; Troisième Festival international du Film d'art de New York, 1957...
Distribution en Belgique: Elan films.
Les archives Les mouettes meurent au port
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Dans notre série de DVD Chronique du cinéma flamand 1955-1990, "Les Mouettes meurent au por" occupe une place particulière. Rien que parce que c'est ce titre qui ouvre chronologiquement la série, preuve de l'importance que nous accordons implicitement à ce film dans le cinéma flamand d'après-guerre. Est-ce pour autant qu'il n'y avait pas de cinéma en Flandre avant 1955? Il faut chercher la réponse à cette question dans le documentaire qui figure en supplément sur le DVD.
Les archives "Les Mouettes meurent au port" débutent en 1945. La guerre terminée, le pays est économique en ruine. La situation est également troublée sur le plan moral et politique. Une grande partie de la population flamande, à commencer avec les activistes du mouvement flamand a ouvertement sympathisé avec le régime nazi pendant la guerre. A la Libération, chacun, y compris dans le monde culturel a eu des comptes à rendre sur son "passé de guerre".
Jan Vanderheyden, l'auteur de De Witte en 1934, disparaît derrière les barreaux pour cause de collaboration économique. Et comme Vanderheyden est à peu de choses près le seul producteur avec une production régulière, le cinéma flamand est plus ou moins paralysé après-guerre. Mais pas entièrement. On tourne toujours des documentaires, en général des films de commande pour des entreprises, pour des associations ou les institutions. Des noms comme Haesaerts, Cauvin, Storck, Dekeukeleire sont connus jusqu'au-delà de nos frontières. A côté de cela, se développe à grande échelle un cinéma amateur, qui ne fait pas qu'immortaliser des réunions de famille, mais qui va du petit reportage aux moyens ou long métrages. Et souvent avec d'énormes ambitions, même si elles ne sont pas souvent réalisées. Une poignée de projets plus professionnels, comme Baas Ganzendonck de Gaston Ariens, attirent à peine de
l'attention du public. Cela se comprend, car après la guerre, la Flandre est inondée de productions étrangères, surtout américaines, qui n'ont pu être montrées en Europe pendant les années d'occupation. Le public flamand en est friand. Les salles de cinémas affichent complet, mais pas pour des productions belges ou flamandes, à peu près inexistantes.
A partir de 1952, la situation évolue, car en partie sous l'influence des premières mesures de soutien économique au cinéma belge, le vaudeville anversois de Vanderheyden et Kiel reprend du poil de la bête. Leurs films sortent dorénavant sous le nom d'Edith Kiel, vu le passé de collaborateur de Vanderheyden. Et tout comme avant la guerre, ces productions attirent le grand public dans la région anversoise, ce qui encourage des cinéastes Joris Diels et
Jef Bruyninckx à suivre leur exemple. D'autres cinéastes, comme Verhavert, Kuypers et Michiels, tentent d'explorer des voies nouvelles.
Roland Verhavert et Ivo Michiels sont tous deux actifs dans la critique cinématographique. Verhavert compte parmi les pères de la télévision en Belgique (1953): il y réalise et présente l'émission de cinéma Première. Ivo Michiels tient la rubrique cinéma dans Het Handelsblad. Le troisième cinéaste de Les Mouettes meurent au portest un cinéaste amateur, Rik Kuypers, petit-fils de Hendrik Kuypers, compagnon de la première heure de Lieven Gevaerts, le pionnier anversois de l'industrie de la pellicule photographique et cinématographique. Le résultat de leur aventure commune doit clairement beaucoup à certains grands exemples de l'histoire du cinéma. Comme par exemple Jeux Interdits de René Clément, et à Odd Man Out et >The Third Man de Carol Reed. Cela n'empêche: ce film a laissé une forte impression sur la critique et le public. Tant sa thématique que son style marquent l'arrivée en
Flandre d'une nouvelle sensibilité au cinéma, plus internationale. Plusieurs critiques saluent sans réserve Les Mouettes meurent au port comme le "premier film flamand", voire le "premier film belge". Le traumatisme de la guerre, qui est au centre du récit de Les Mouettes meurent au port est un thème récurrent dans l'œuvre littéraire d'Ivo Michiels des années 50 ainsi que dans sont premier roman entièrement expérimental Les Adieux, qui sera porté à l'écran dix ans après Les Mouettes meurent au port. Le sentiment existentialiste et la forme moderniste sont particulièrement poussés dans ce film. Verhavert mettra fin à cette période en 1972 en changeant radicalement d'esthétisme avec le film Rolande met de bles, Rolande à la liste. Plus de détails dans le documentaire inclus sur le DVD suivant, De Loteling, Le conscrit, consacré à
l'œuvre ultérieure de Verhavert.
Erik Martens
Les mouettes meurent au port et la presse
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FRANCOPHONE
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Francis Bolen's Newsletter 1955, 45, 1
'Les auteurs ont renoncé aux succès assez faciles du patois et du folklore. (...) La première oeuvre de nos jeunes Anversois a du style, de l'unité, une certaine vigeur. Elle nous paraît promise à une belle carrière en Belgique. Elle a suffisament de tenue et d'attraction pour tenter légitimement de conquérir des marchés étrangers.'
Francis Bolen
Amis du film et de la télévision 1957
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'De l'inexpérience, des influences mal assimilées et un certain penchant à l'esthétisme: Le banquet des Fraudeurs était plus achevé. Mais tout de même intéressant et remarquable dans notre production. Le scénario n'est pas trop littéraire et le récit a de l'atmosphère, de la densité, de la qualité photographique. Certaines trouvailles de montage et l'évidente recherche d'un style achèvent de rendre la tentative sympathique. Distribution flamande homogène, mais qui n'a pas dépouillé toute emphase théâtrale.'
P.L.
Beaux Arts 22/2/1957
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'Voici enfin le premier film de fiction belge qui témoigne d'évidents soucis esthétiques. Saluons l'acte de bravoure, la culture cinématographique et les excellentes intentions de ses trois jeunes réalisateurs. (...) Réjouissons-nous du progrès évident sur tout ce qui s'est fait chez nous dans le domaine du long métrage et espérons qui ceci soit enfin un départ, en ajoutant que ce n'est pas trop tôt, plus de 60 ans après l'invention du cinéma, dans un pays qui ne passe pas pour économiquement sous-développé.'
Paul Davay
La cinégraphie belge 1957
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(...) un hommage à trois jeunes réalisateurs anversois, très ambitieux, qui pour leur coup d'essai ont réalisé un coup de maître (...) Lorsqu'on sait les difficultés incroyables qui doivent être surmontées en Belgique pour réaliser un film de fiction d'une valeur honorable, on mesure le talent qui anime ces trois jeunes courageux. La qualité profondément humaine de leur récit, la composition du film, la beauté des images auraient soulevé un intérêt considérable dans toute autre pays souffrant moins que le nôtre du complexe d'infériorité cinématografique.'
Henri Storck
La libre Belgique 15/2/1957
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'Dans l'organisme exsangue du cinéma belge, il est le premier membre, semble-t-il, à donner quelque signe de vie. (...) Elle offre les défaults essentiels du cinéma d'amateur: nous les définirons volontiers par un minimum d'originalité déguisé en un maximum d'ambitions. L'erreur fondamentale ici réside en un hiatus flagrant entre le thème et le style. (...) Ils (les trois cinéastes) n'ont manifestement pas le sens de la narration, encore moins la perception de l'humain et du drame. Ils échouent absolument à faire vivre un personage du dedans: leur héros est un héros de confection et ses déboires ne sont que littérature. La splendeur des images ne peut, à aucun moment, donner le change. En revanche, Michiels, Verhavert et Kuypers sont doués incontestablement pour le 'documentaire poétique'. (...) Pour les promesses qu'elles renferment, Les mouettes meurent au port constituent sans doute le seul long métrage de fiction non dénué d'intérêt que nous ait donné jusqu'ici le cinéma belge.'
INTERNATIONAL
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Arts 1/5/1956
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'(...) le type même du film avant-gardiste, conçu, produit, réalisé et distribué grâce à une série de malentendus. Influences et références s'y multiplient avec une foisonnement d'inventions et de bizarreries dans le scénario comme dans la mise en scène, avec des recherches plus ou moins heureuses et plus ou moins contradictoires (...) Ce film, dont l'ingénuité provoquerait le fou-rire dans une salle des Champs-Elysées, est parfaitement à sa place dans un festival, ne serait-ce que pour nous avoir appris qu'il existe en Belgique trois sympathiques cinéastes aux grandes espérances.'
François Truffaut
Lettres Françaises mai 1956
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'Les mouettes meurent au port présente l'intérêt d'être le film le plus authentiquement belge qui nous ait été montré jusqu'ici dans un Festival. (...) Leur film est encore fort proche de l'amateurisme, surtout pour son scénario parfaitement incompréhensible, et qui participe aux vieux clichés du cinéma français d'avant guerre. Si l'on réussit à surmonter l'ennui assez pâteux du récit, comme la naïveté de certains détails ou dialogues, on trouvera cependant à cette tentative des qualités certaines: le sens en particulier d'un fantastique social qui pourrait plaire à Mac Orlan. Car une poésie originale monte des grands immeubles modernes, des terrains vagues, du billard électrique et d'une machine à disques nickelée, dans un bar où des jeunes gens, dansent le be-boop. Le désarroi d'une certaine jeunesse n'apparait qu'à l'arrière-plan dans un film maladroit, souvent irritant, mais qui a pour lui la sincérité et le désir de trouver un cinéma qui rende un certain sens national. Cette "mouette" annoncera-t-elle un printemps cinématographique flamand?'
Georges Sadoul
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